ManuceD'où vient le nom
Le nom

Alde Manuce, imprimeur à Venise.

Vers 1495, dans un atelier vénitien, un homme entreprend de publier les classiques grecs dans leur langue. Ils dormaient depuis des siècles dans des manuscrits que presque personne ne pouvait lire. Il ne les a pas traduits : il a fait ce qui rend une traduction utile — leur donner une forme qu'on peut lire, transporter et s'offrir. C'est de lui que vient notre nom.

Bassiano v. 1450 – Venise 1515L'italique, 1501Festina lente
L'ancre et le dauphin

La marque de son atelier, adoptée en 1502 : un dauphin enroulé autour d'une ancre. Le dauphin pour la vitesse, l'ancre pour la tenue. Notre logo en garde l'ancre.

Qui il était

Un éditeur qui a changé la forme du livre.

Alde Manuce naît vers 1450 à Bassiano, près de Rome. Précepteur, helléniste, il s'installe à Venise et y ouvre sa presse vers 1494. Le premier livre sorti de son atelier est une grammaire grecque. Suivront les premières éditions imprimées d'Aristote, d'Aristophane, de Thucydide, de Sophocle, d'Hérodote, de Platon — des textes qui n'existaient jusque-là qu'en copies manuscrites, rares, chères et souvent fautives.

Autour de lui travaille une petite académie d'érudits grecs, chacun sur son domaine : l'un établit le texte, l'autre le compare aux manuscrits, un troisième surveille l'orthographe. Érasme y séjourne en 1508 pour y faire imprimer ses Adages. Ce n'est pas une imprimerie, c'est un atelier de spécialistes.

En 1501, deux décisions font le reste. Il fait graver par Francesco Griffo un caractère penché, serré, dessiné d'après l'écriture à la main des chancelleries : l'italique, qui tient plus de texte sur une page. Et il abandonne le grand format des livres savants pour l'in-octavo, le format de poche — le classique qu'on emporte en voyage au lieu de le consulter posé sur un pupitre. Le savoir cesse d'être un meuble.

Festina lente

Hâte-toi lentement.

Sa devise, gravée sous l'ancre et le dauphin. Elle dit qu'aller vite et travailler proprement ne s'opposent pas — à condition de savoir exactement ce qu'on fait. C'est la seule promesse que nous ayons envie de tenir : quelques minutes, et rien de bâclé.

Ce que nous en gardons

Cinq siècles plus tard, le métier n'a pas changé de nature.

Nous n'imprimons pas, nous traduisons. Mais la question reste la même : comment porter un texte jusqu'à quelqu'un qui ne pouvait pas le lire, sans lui faire perdre sa forme en route.

La forme d'origine, intacte
Manuce a passé sa vie sur la mise en page. Vos documents reviennent dans leur mise en page d'origine : mêmes pages, mêmes tableaux, mêmes images, mêmes polices — la traduction prend la place du texte, rien d'autre ne bouge.
Un atelier de spécialistes
Son académie avait ses savants par domaine. Nous avons Thémis pour le juridique, Métis pour le financier, Curie pour le scientifique : chacun porte le vocabulaire et les conventions de sa matière.
Vite, mais tenu
Festina lente. Les passages sont traduits en parallèle — quelques minutes pour cinquante pages — et le niveau Premium fait relire chaque passage, source et traduction côte à côte.
À la portée de qui en a besoin
Le format de poche a fait baisser le prix du savoir. Une traduction professionnelle coûtait 12 à 20 centimes le mot ; elle commence ici à un demi-centime.

Alde Manuce est mort à Venise en 1515. Sa marque à l'ancre a été copiée dans toute l'Europe de son vivant — ce qui, pour un imprimeur, était la plus sûre des reconnaissances.

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