ManuceGuidesQuelles langues choisir quand on commence à exporter ?

Quelles langues choisir quand on commence à exporter ?

La question n'est jamais « quelles langues » dans l'absolu, mais « quels documents, dans quelle langue, pour quel marché, et dans quel ordre ». Voici une méthode qui tient en quatre étapes et évite de traduire ce que personne ne lira.

Publié le 16/09/2026 · 6 min de lecture · Manuce, traduction de documents par spécialistes

L'anglais d'abord, mais pas l'anglais seul

L'anglais ouvre la porte : c'est la langue de travail des acheteurs, des salons et des appels d'offres internationaux. Il suffit rarement à la refermer, c'est-à-dire à conclure.

Une étude souvent citée du cabinet CSA Research (2020) montre qu'une large majorité d'acheteurs en ligne préfèrent acheter dans leur propre langue, et qu'une part significative d'entre eux renonce à un site qui n'est pas dans leur langue. Le constat de terrain est plus simple : un acheteur lit l'anglais, mais il signe dans sa langue, et son service technique n'a pas envie de traduire votre notice.

Les quatre étapes de la priorisation

1. Partir de vos ventes, pas d'une carte

Sortez le chiffre d'affaires par pays des douze derniers mois, et la liste des demandes entrantes restées sans suite. Les deux ensemble donnent vos marchés réels et vos marchés frustrés. C'est votre ordre de priorité, pas le classement du PIB mondial.

2. Séparer les documents par fonction

Tous vos documents n'ont pas le même rendement par euro traduit :

  • Ce qui fait vendre : plaquette, fiche produit, page de site, présentation commerciale ;
  • Ce qui fait signer : devis, conditions générales, contrat ;
  • Ce qui est obligatoire : notice, étiquetage, déclaration de conformité, sécurité ;
  • Ce qui fait revenir : manuel d'utilisation, service après-vente, garantie.

L'ordre de traduction n'est pas celui-là : commencez par l'obligatoire — sans lui vous ne pouvez pas vendre légalement — puis ce qui fait vendre.

3. Regrouper par proximité de marché

Les premiers partenaires commerciaux de la France sont ses voisins : Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, plus le Royaume-Uni et les États-Unis. Un premier lot allemand-italien-espagnol-néerlandais couvre l'essentiel du marché européen accessible en camion, et ce sont des langues au tarif de base.

4. Traduire en un seul lot

Deux raisons, l'une économique, l'autre qualitative. Économique : la remise croît avec le nombre de langues — 20 % à deux langues, 50 % à partir de cinq. Qualitative : toutes les versions sont produites ensemble, depuis la même source, par le même spécialiste — au lieu de quatre traducteurs qui tranchent chacun de son côté.

Les pièges régionaux

  • Portugais du Portugal ou du Brésil : deux marchés, deux orthographes, deux vocabulaires commerciaux.
  • Espagnol d'Espagne ou d'Amérique latine : même remarque, et le tutoiement ne se distribue pas pareil.
  • Chinois simplifié ou traditionnel : continent et Singapour d'un côté, Taïwan et Hong Kong de l'autre. Ce n'est pas une variante de style.
  • Anglais britannique ou américain : au-delà de l'orthographe, les unités, les formats de date et le vocabulaire juridique diffèrent.
  • Belgique, Suisse, Canada : plurilingues par la loi ou par l'usage. Vérifiez l'obligation avant de choisir une seule langue.

Ce que ça coûte, concrètement

Prenons une documentation commerciale et technique de 15 000 mots, à traduire en allemand, italien, espagnol et néerlandais. Quatre langues, toutes au tarif de base, remise de 40 %.

Au niveau Professionnel, on est de l'ordre de 610 € pour l'ensemble, livré en quelques minutes et en conservant la mise en page d'origine. Chez un cabinet, la même commande se chiffre en milliers d'euros et en semaines. L'arbitrage n'est plus « traduire ou pas », il est « quel niveau pour quel document » : Premium sur les notices et les contrats, Professionnel sur le reste.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande sur ce sujet

Faut-il traduire son site avant ses documents ?

Rarement. Un site traduit attire des demandes que vous ne pourrez pas traiter si votre devis, vos conditions générales et votre notice ne suivent pas. Traduisez d'abord de quoi conclure et livrer une vente, ensuite de quoi en attirer.

Combien de langues pour commencer ?

Deux ou trois, choisies sur vos ventes réelles. Une langue de plus qu'on ne maintient pas vaut moins qu'une langue de moins bien tenue : chaque version devra être mise à jour à chaque évolution du produit.

Comment gérer les mises à jour ?

En repartant du document source modifié et en régénérant toutes les langues d'un coup. C'est ce qui garde les versions synchronisées — l'erreur classique étant de corriger le français et d'oublier les cinq autres.

Et les langues à écriture non latine ?

Le supplément dépend de la langue : +25 % pour le russe, l'ukrainien ou le grec, +60 % pour le chinois, le japonais, le coréen, l'arabe ou l'hindi. Elles demandent une attention particulière à la mise en page : sens de lecture, polices, césure. Le chinois, le japonais et le coréen conservent la mise en page d'origine ; l'arabe, l'hébreu, le thaï et les écritures indiennes sont livrés en Word et en PDF remis en forme.

Un document à traduire ? Le devis prend dix secondes.

Déposez votre fichier, choisissez vos langues, jugez sur un extrait gratuit de votre document avant de payer.

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